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Mesdames, messieurs, avant toute
chose je voudrais à nouveau vous dire Merci à chacune et chacun d’être là
aujourd’hui pour faire le point ensemble au seuil de l’année nouvelle. Merci et
bienvenue en particulier à Mesdames et
messieurs les Echevins, conseillères et conseillers communaux et de l’action
sociale qui nous ont rejoint et bienvenue aussi aux médias ici représentés. Je
me dois d’excuser l’absence de Philippe Crèvecoeur, Eric Vanpoelvoorde, Claire
Parmentier retenus par des obligations bien légitimes mais qui m’ont chargé chacun
de vous transmettre leurs bons vœux.
Je voudrais vous parler de 3
choses aujourd’hui :
v Un petit coup d’œil d’abord dans le rétroviseur, sur 2009 et sur la
situation actuelle
v Les projets du CPAS pour 2010
v Une réflexion plus large sur notre société et nos propres
comportements, réflexion plus philosophique, c-à-d étymologiquement plus
amoureuse de sagesse.
2009
a été l’année de l’après crise
de l’automne 2008. A
voir les réactions des banques et des traders reprenant ces derniers mois leurs
anciennes habitudes, je ne suis pas sur que l’alerte de fin 2008 aie été bien
« comprise » par ceux-ci et suffise à faire changer les pratiques du
monde financier. Nous ne sommes donc hélas pas encore sortis de la crise et j’ai
bien peur que l’histoire ne retienne cette année comme celle marquant le début
d’une crise beaucoup plus profonde remettant en cause non seulement nos
pratiques mais le système économique,
financier et politique dans ses fondements mêmes.
Positivement toutefois, la crise a stoppé l’inflation
galopante, les prix de l’énergie sont revenus à des niveaux dits habituels et les deux sauts d’index
prévus n’ont pas eu lieu, ce qui représente pour les finances du CPAS une
économie annuelle de l’ordre de 300.000€.
Mais le chômage a repris de plus belle, et les
chômeurs sont de plus en plus vite sanctionnés par l’ONEM, amenant à notre
service social un flot de demandeurs du revenu d’intégration qui représente
actuellement 8% de nos bénéficiaires. Chaque mois le CPAS paie au total environ
190 revenus d’intégration et 30 aides équivalentes pour des étrangers. Le
surendettement augmente également de 6% en 1 an sur Gembloux, touchant non
seulement des bénéficiaires d’allocations sociales, mais de plus en plus de
travailleurs. 100 ménages sont en
médiation de dettes auprès de notre seul service, et le service social
conditionne de plus en plus d’aides à la mise en place de guidance budgétaire.
Les perspectives économiques ne sont hélas pas optimistes et laissent penser
que le chômage va encore augmenter en 2010 et que les indicateurs de pauvreté
vont s’emballer, reflétant pour un plus grand nombre, plus de difficulté à
nouer les deux bouts, plus de renoncement à se faire soigner, moins de départ
en vacances, moins d’invitations d’amis chez soi, plus d’isolement, moins de
dignité, ….
Dans ce contexte difficile, que
retenir de 2009 au niveau du CPAS ?
·
Au niveau du service insertion,
l’accent a été mis sur le développement du café-thé qui ouvre maintenant 2
demi-journées par semaine. Des ateliers plus nombreux y sont organisés afin
d’offrir à tous nos usagers un lieu convivial pour se délasser, parler,
développer ses capacités artistiques, … mais aussi s’informer et s’interroger
sur son mode de vie et de consommation en matière de logement, d’énergie, de
culture , d’alimentation. Les jardins partagés essaient de faire découvrir des
légumes oubliés de chez nous, et des ateliers cuisine comment les préparer et
s’alimenter sainement à moindre prix. Le
service insertion a été renforcé par l’arrivée d’Hervé Duchêne
Les personnes sanctionnées du chômage, se voient si possible proposer en
fonction de leurs compétences un service à la collectivité dans le cadre de
l’article 60.
·
Pour plusieurs bénéficiaires du
revenu d’intégration le désoeuvrement, la désillusion, la perte de confiance en
soi et d’une image positive de soi sont tels
que se mettre en projet et s’intégrer dans une structure de travail sont
bien difficiles, malgré toute la compréhension et la patience des services qui
les accueillent et des travailleurs sociaux qui les suivent. Avouons-le :
nous avons parfois difficile à trouver des travailleurs article 60 motivés et
beaucoup n’arrivent plus au bout de leur contrat.
·
Au service social, un Contrat
d’intégration est proposé à quasi tous les bénéficiaires du revenu
d’intégration et plus seulement les jeunes. Cette intégration peut prendre
toutefois diverses formes : recherche de logement pour un sans abri,
poursuite ou reprise d’études pour un jeune, participation à la vie sociale
gembloutoise, suivi d’une formation ou d’un stage de mise en situation
professionnelle, recherche d’emploi, mise au travail dans le cadre de l’article
60. Une collaboration active entre les assistants sociaux
« généralistes » et le service insertion s’est mise en place.
Géraldine Duterme est venue renforcer le service social pour la recherche de
logements et la mise en place d’une pédagogie de l’habitat.
·
Je vous disais il y a un an que
les divers fonds d’aide (énergie, mazout, eau, culture, sport) se pérennisent. Et
bien nous pouvons déchanter car en 2010 la région a décidé de supprimer les
chèques sport que nous continuerons à assumer sur fonds propres. Notre plan de
Guidance sociale énergétique lui est opérationnel et nous permet de mener plus d’actions
de sensibilisation à l’usage rationnel des énergies, mais aussi d’amélioration
des performances énergétiques des logements occupés par notre public. L’aide
d’un expert extérieur a permis en 2009 de sensibiliser aussi des propriétaires
et nous comptons en 2010 entrer vraiment en négociation avec certains pour voir
comment nous pouvons les aider à améliorer les performances énergétiques de
leur logement à leur profit, mais aussi au profit de leurs locataires.
·
Le service social rendu aux
plus démunis de Gembloux, c’est aussi l’action des aides ménagères qui par tous
les temps se rendent à domicile telles les fées du logis à l’écoute des
solitudes humaines. C’est aussi les services de transport social et de
buanderie. Quelle que soit la fonction que l’on occupe, le service social aux
gembloutois exige patience, écoute, professionnalisme et surtout un énorme
cœur. Que chacun et chacune en soit sincèrement félicité et remercié.
·
A la crèche, le comité de
gestion s’interroge toujours sur la manière d’améliorer si possible le taux
d’occupation de nos sections et réduire les coûts. Chaque journée d’accueil
coûtant, tous subsides décomptés, plus de 13 € à la communauté gembloutoise.
Mais c’est surtout le nombre de places d’accueil qui préoccupe le conseil …. Et
beaucoup de parents en quête d’une place pour leur enfant et pressé de
reprendre leur travail. Des actions dès lors sont menées dans deux directions :
o
D’une part, la construction
d’une nouvelle unité de crèche permettant l’accueil de 20 puis 48 enfants est
en cours. L’enquête publique est terminée et nous attendons l’octroi du permis
d’urbanisme pour lancer les cahiers des charges. La construction débutera en
2010 et devra être opérationnelle avant fin 2011.
o
D’autre part, des actions ont
été menées en partenariat avec la ville pour stimuler l’installation de
nouvelles accueillantes d’enfants privées : Soirée d’information et octroi
de primes à l’installation, tant par le CPAS que par la ville. En 2009 ces
actions ont commencé à porter du fruit puisque pas moins de 5 accueillantes ont
démarré une activité nouvelle.
·
Le CPAS participe aussi au
développement de la
Halte Accueil « Le Coffre à Jouets » qui grâce à la
mise à disposition de 2 puéricultrices du CPAS a pu en 2009 ouvrir ses portes
tous les jours pour un accueil d’urgence.
·
Nos maisons de repos ont vu en
2009 le transfert de 8 résidents de La Charmille vers St-Joseph. Ceci nous a permis dès l’été de
supprimer les 8 chambres à 3 lits de La Charmille qui sont actuellement progressivement
rénovées et aménagées en chambres à 2 lits dotées de tout le confort moderne. Nous
accueillons donc aujourd’hui 71 résidents à La Charmille et 72 à
St-Joseph tenant compte des 2 chambres de court séjour. En 2009 nous avons
également obtenu l’agrément de principe pour la création de 5 résidences
services qui seront construites en 2010 sur le site de St-Joseph. Mise en
service prévue en 2011.
·
D’importants efforts de
réorganisation des services ont été poursuivis dans les maisons de repos en 2009.
o
Au niveau du nursing, après le
transfert de 8 lits vers St-Joseph nous avons rétabli cet automne la présence
de nuit d’une infirmière ET d’une aide-soignante sur chaque site, mais
l’organisation du travail et des horaires a été revue pour que ceci se traduise
par un allégement du travail de jour notamment pour la cuisine. De jour, une
infirmière sera à l’avenir responsable de chaque étage et nous évaluerons cette
organisation en fin d’année 2010. L’informatisation des soins sera également un
chantier prioritaire en 2010 .
o
En cuisine, l’équipe a été
légèrement réduite et réorganisée, avec la désignation d’un chef de cuisine et
d’un chef de production. Un gros effort a été accompli par l’équipe, permettant
au conseil de renoncer finalement à la sous-traitance de la gestion de la
cuisine : nous pourrons faire aussi bien , et je n’en doute pas même mieux
que les sous traitants, en interne. Bravo à l’équipe cuisine qui a osé se
remettre en cause et proposer une alternative crédible à la sous-traitance.
o
Dans la foulée, l’économat a
également été revu, et Isabelle Otoul est venue renforcer le service des
travaux un peu submergé il est vrai par la gestion de nombreux gros projets.
o
Le résultat de tous ces
efforts, que vous assumez chacun et chacune au quotidien, c’est que le déficit
des maisons de repos est passé de 627.000 € en 2007 à 303.000 € en 2008. En
2010, tout le personnel des MR recevra la prime d’attractivité. Le déficit
budgétaire prévu est de 315.000 €.
Ensemble, nous avons donc pu
ramener le déficit de nos MR dans une fourchette plus raisonnable. Même au
service entretien, des économies substantielles ont pu être réalisées en
utilisant et dosant mieux les produits. Je ne peux que vous en féliciter tous
et toutes et vous remercier chacune et chacun pour vos efforts au quotidien.
Les économies ainsi réalisées vont permettre au CPAS en 2010 de ré-investir et
de lancer de nouveaux projets dans sa mission première : le social, et
l’attention aux plus défavorisés de notre commune. C’est grâce à vous.
Plus concrètement je voudrais remercier
ici spécialement quelques personnes qui nous ont quitté en 2009 après de
longues années de bons et loyaux services, ainsi que d’autres qui depuis 30 ans
mettent leurs énergies et leurs compétences au service du CPAS.
§ Chantal MONCOMBLE, d’abord. Entrée au CPAS comme infirmière à LA charmille
au 1er février 1992. Elle prend des fonctions d’infirmière en chef
en août 2004 et est nommée à ce titre en octobre 2005.Toute jeune pensionnée,
depuis ce 1er janvier, je vous souhaite beaucoup de projets et de
satisfactions dans cette nouvelle étape de votre vie. Merci pour tout le
travail accompli et le sourire toujours paisible et calme.
§ Agnès DARTE. Entrée comme aide sanitaire au home Notre-Dame en
novembre 1979 et depuis 30 ans fidèle à son poste. En février 1981 elle est
affectée à La Charmille
, mais travaille à nouveau à Grand-Leez, cette fois à St-Joseph, depuis
septembre 2004. Merci pour ces 30 ans de travail au service des résidents.
§ Rita DEPAUW. Entrée elle aussi il y a 30 ans au CPAS. Au home Notre
Dame aussi, comme veilleuse de nuit, sans diplôme particulier mais avec beaucoup
de cœur. 3 mois plus tard, elle est affectée comme femme d’entretien au home
Delrue, puis un an plus tard revient à Notre-Dame. Avec le début d’un nouveau
siècle, Rita se lancera dans une formation en bonne et due forme et reprendra
des fonctions officielles d’aide soignante cette fois en avril 2003 à Notre
Dame et St-Joseph. Elle travaille toujours à ce titre à St Joseph. Bravo pour
ce parcours et merci pour tout le travail accompli et les services rendus…. Et
que cela continue !
Pour 2010 alors, quels
sont les objectifs, projets et priorités spécifiques ?
1.
les marges budgétaires dégagées
vont nous permettre, je l’ai dit, de ré-investir dans l’action sociale. Les
priorités doivent encore être définies par le Conseil, mais des services seront
renforcés pour supporter la croissance du nombre de dossiers à traiter au
service social ou en médiation de dettes. Pour permettre aussi le renforcement
des actions d’insertion et le développement de nouvelles actions en matière d’économie
sociale. Le service des aides ménagères sera également renforcé.
2. A La Charmille
la rénovation complète des 8 anciennes chambres à 3 lits va se poursuivre,
avant de songer à rénover les chambres individuelles. La cuisine expérimentera
un nouveau système de marché public pour les achats alimentaires. Le nursing
sera organisé avec une infirmière responsable à chaque étage et
l’informatisation des soins devra devenir pleinement opérationnelle.
3.
A St-Joseph,
le nursing adoptera la même organisation.
Les résidences services seront je l’espère mises en chantier.
4. Au niveau de la crèche, le programme
qualité sera ré-étudié par le comité de gestion. L’accent devrait porter
notamment sur la qualité de l’alimentation proposée à nos bambins. La nouvelle
crèche commencera à sortir de terre …
5. En matière de logements :
·
deux logements d’insertion
seront aménagés au dessus des Mini-maxis. Les premières entreprises ont été
désignées.
·
Dans l’ancien Home Notre Dame à
Grand-Leez des logements sociaux seront également opérationnels en 2010, gérés
par la Cité
des Couteliers. Le chantier se termine et c’est très beau !
·
Enfin en 2010 nous assisterons
à la démolition de l’ensemble de l’arsenal et le début de la construction d’un
bâtiment de deux niveaux, avec un plateau au rez-de-chaussée pour divers
services du CPAS et 8 logements sociaux pour personnes âgées autour d’un patio
central à l’étage. C’est un projet très prometteur qu changera sans nul doute
le look du bas de la rue. Il donnera aussi au CPAS la possibilité d’y aménager
une nouvelle salle de réunion et jusqu’à 10 bureaux supplémentaires pour
l’accueil de notre public. Je ne doute pas qu’ils soient rapidement occupés par
les nouveaux projets que nous serons amenés à développer.
Tous ces projets, nous ne pourrons
les réaliser que parce que nous disposons de services généraux efficaces et
dévoués, tant au service du personnel qu’à la comptabilité ou aux travaux.
Quelle que soit votre fonction au CPAS, de votre travail à chacun et chacune
dépend directement la qualité de vie de beaucoup de Gembloutois. Que ce soit
dans les maisons de repos, à la crèche, dans les services sociaux ou à
l’administration, je sais déjà que nous pouvons compter sur la créativité, la
conscience professionnelle, et la responsabilité de chacun et chacune pour
trouver en nous les solutions de l’avenir pour offrir à chaque Gembloutois
toujours plus de dignité et de plaisir de vivre, et rendre ensemble Gembloux
plus solidaire,
Parce que, chers amis,
malgré tous les dispositifs
mis en place aux niveaux européen, fédéral et régional, pour protéger et
intégrer et asseoir les droits d’un maximum d’exclus dans notre pays, au travers de son système économique accordant
la priorité à l’argent et au travers aussi il est vrai d’un individualisme
croissant, notre société continue à
engendrer de la pauvreté. Et la pauvreté, osons le dire, n’est jamais une
fatalité dont sont victimes et responsables ceux qui se seraient moins bien
débrouillés que les autres ou qui ont eu moins de chance. La
pauvreté est fondamentalement une violence et une injustice. Et si ce sont le
système dans lequel nous vivons et notre individualisme égoïste qui
l’engendrent, les pansements que nos aides sociales appliquent dans l’urgence
aux blessures des plus pauvres ne viendront jamais à bout de cette maladie de
notre société. C’est le système même
que nous devons changer, sans oublier que celui-ci est porté implicitement par
chacun de nous et que nous ne ferons donc pas l’économie d’une mise en cause
personnelle de nos valeurs et de nos comportements..
Pour nos économistes, la survie de notre
système capitaliste, et la solution aussi à tous ses problèmes, c’est LA CROISSANCE !
Toujours grandir, pour être de plus en plus riche, et de plus en plus
heureux ! La croissance, à l’infini. Surtout ne jamais s’arrêter :
cela nous ferait retomber !
Comme si on pouvait indéfiniment monter à
une échelle, sans jamais se casser la figure … !
Comme celui qui emprunte à quelqu’un pour mener grande vie en lui promettant de
lui rembourser le double….et pour ce faire emprunte à deux nouveaux pigeons à
qui il promet la même chose, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne trouve plus
assez de pigeons et que la pyramide s’écroule.
A en croire nos économistes, mais les
politiques ne disent hélas pas autre chose, notre bonheur à chacun est donc lié
à notre croissance collective. Et à
quoi la mesurons-nous cette croissance ?
Et bien avec le PNB, Produit National Brut, c-à-d la somme de toutes les
« valeurs qui sont ajoutées » aux biens que nous produisons et consommons
et sur lesquelles nous payons de la
TVA . Car bien sur, produire de la valeur ajoutée, n’a de
sens que si quelqu’un, nous en premier la consommons ! Et comme ça, pour
nos économistes, au plus nous en produisons, au plus nous sommes heureux.
S’il y a deux manières de fabriquer un
produit, une simple et une compliquée et bien il y aura plus de VA, donc plus
de bonheur dans le monde à le fabriquer de manière compliquée.
Si je consomme plus d’énergie pour
fabriquer un produit, ce produit aura plus de VA et mon pays sera plus heureux.
Si je laisse mon cake plus longtemps au four, je consommerai plus d’énergie.
Mon cake sera brûlé, mais il n’en sera que meilleur car il aura plus de
VA !
Et lorsque nous sommes tous bloqués dans
des embouteillages comme des sardines dans leurs boîtes, nous consommons
beaucoup d’essence. Et même si nous étouffons dans les fumées et râlons de
perdre du temps, soyons heureux car sans le savoir, nous produisons de la VA et donc du bonheur pour
notre pays. Nous faisons augmenter le PNB !
Et puisqu’il nous faut consommer toujours
davantage, nous finissons par devenir dépendants et malades. Mais cà n’est pas
grave non plus, car pour nous soigner nous consommons alors des voyages de plus
en plus lointains, nous bouffons du médecin et des médicaments … et nous
augmentons encore le PNB !
Le problème, c’est que PNB, il est
vraiment « brute » et les premières victimes de sa brutalité se sont
les pauvres, et la Terre
qui tous s’épuisent et chacun à leur manière finiront un jour par se révolter.
On en rit, mais revenons sur Terre :
comment peut-on raisonnablement imaginer une croissance continue, indéfinie sur
une terre finie qui a des ressources limitées et non renouvelées ?
Savez-vous que si tous les hommes de cette Terre vivaient comme nous,
européens, (et pourquoi n’en auraient-ils pas le droit ?), il faudrait 3
planètes pour subvenir à nos besoins en ressources minérales et végétales, en
énergie et en eau ? Savez-vous qu’au rythme actuel de notre développement, dans 50 ou 100 ans nous aurons quasi tout épuisé et nous devrons
nous contenter de ce que nous récupérons et recyclons, et de ce que la terre
nous offrira chaque année de ce qu’elle reçoit du soleil ? Plus de
pétrole, plus d’uranium, plus de minerais de métaux, ….
Non vraiment ce système ne peut que nous conduire à la catastrophe, et nous
vivons déjà aujourd’hui une crise aux multiples facettes : crise
économique, écologique et climatique, crise politique, mais aussi et c’est plus
grave encore crise sociale et crise de sens.
Crise
sociale :
v qui sont les plus touchés par les
conséquences du dérèglement du climat que nous gens du nord avons
provoqué ? Les pauvres du sud qui voient déferler tempêtes ou sécheresses
et voient leurs forêts pillées, leurs sols surexploités pour des cultures qui
leur échappent !
v qui sont les plus grandes victimes du
chômage chez nous ? Pas les bardés de diplômes mais les sans diplôme qui n’ont
pas eu la chance d’avoir des parents éduqués et de faire eux-mêmes des études.
v Qui sont les victimes de la publicité, les
plus sensibles à cette publicité qui veut nous convaincre que pour être un
Homme il faut absolument posséder une grosse voiture, un PC et une TV
numérique, utiliser Woolite noir et changer de garde-robe à chaque saison non pas
parce qu’elle est usée ou que le climat change, mais parce que la mode
l’impose ? Les plus pauvres
et les classes moyennes qui pour suivre le rythme imposé et espérer ne pas
s’exclure d’avantage n’hésitent pas à se surendetter. Et on les convainc en
plus que 2 à 3 ans plus tard, avant même d’avoir fini de les payer, les
produits qui les auront rendus heureux aujourd’hui devront être remplacés par
des neufs pour être encore plus heureux !
v Qui sont les plus victimes de la pollution
au point d’en être malades mais de préférer payer l’abonnement TV plutôt que de
se soigner ? Ceux qui vivent dans les logements les moins salubres, les moins isolés, les plus humides …
Crise
de sens …parce que à
force de chercher tête baissée à toujours posséder plus, produire plus, gagner
plus, …à force de devenir de plus en plus stressé jusqu’à en tomber malade et
improductif et être finalement remercié par son employeur d’abord puis par sa
femme, nous oublions le sens de tous ces efforts et ces
sacrifices, et nous nous oublions nous-mêmes. Croyez-moi : j’accompagne
des personnes de plus de 45 ans qui ont perdu leur emploi et le vivent bien sur
comme un coup sur la tête, mais pour beaucoup c’est l’occasion salutaire de se
reposer les questions fondamentales du sens de leur vie et de repenser leur vie
dans sa globalité.
Je voudrais, pour mieux vous faire
comprendre les enjeux de la situation actuelle, la recadrer dans un contexte
beaucoup plus large. J’ai été écouter il y a peu Christian de Duve, éminent
professeur belge, prix Nobel de médecine et découvreur de la génétique. Il a
commencé par nous parler de la loi de l’évolution des espèces de Darwin,
évolutions basées sur la sélection naturelle nécessairement du plus fort. Pour
que cette sélection s’accomplisse, elle a selon lui progressivement inscrit dans les gênes des
espèces successives une sorte d’égoïsme de groupe qui pousse les plus forts à
ne pas se soucier du sort des autres espèces et l’aide aussi à s’adapter aux
changements environnementaux, au prix d’une évolution de l’espèce. Cet égoïsme
devenu génétique est pour de Duve ce que certaines traditions appellent le
« péché originel ». Mais ce péché, a cependant permis aux espèces de
passer progressivement de l’amibe à l’Homme devenu lui-même au fil des ères de
plus en plus intelligent. Aujourd’hui hélas, ne constate-t-on pas que le plus
intelligent n’est pas nécessairement le plus « sage » et que
dans ces conditions l’évolution des espèces qui continue sa marche malgré nous
finira par se retourner contre le joyau de l’évolution qu’est l’homme. Par son
comportement l’espèce humaine risque en effet fort de s’autodétruire quand elle
aura rendu la terre invivable pour ses enfants. Car soyons clairs : la
terre en a vu d’autres, et à force de l’étouffer avec nos gaz d’échappement
nous ne la tuerons pas. La terre s’adaptera, même si sa biodiversité aura été
réduite. C’est l’Homme qui ne pourra plus vivre sur terre et qui est menacé de
disparition. Et la terre contribuera même à cette disparition en multipliant
les cataclysmes dont nos enfants seront les victimes.
Vraiment si l’Humanité veut survivre
collectivement, elle doit apprendre à
maîtriser sa croissance pour la ramener dans les limites du supportable
pour la Terre
qui l’héberge. En 1972, les scientifiques du très sélect Club de Rome disaient
déjà : « Halte à la croissance ». Près de 40 ans plus tard, ils
semblent n’avoir toujours pas été entendus … mais qu’est-ce 40 ans il est
vrai par rapport à l’évolution des espèces ?
Surtout, ne nous berçons pas
d’illusions : ni le « progrès », ni la science, ni les
technologies nouvelles, ni même les filières vertes ne vont régler le problème.
Elles pourront nous y aider, mais nous ne pourrons éviter de remettre en cause
profonde nos modes de vie pour essayer d’arrêter de croître. Nous n’y
arriverons que si nous décidons, collectivement et individuellement de nous attaquer à notre égoïsme et notre
individualisme génétique et de développer nos gènes de l’Amour, de la sobriété, de la solidarité et du partage. Et à la différence des
autres espèces qui sont à la merci de leurs seuls instincts, l’humanité PEUT y
arriver, car nous avons pour nous l’intelligence et quelque part aussi au
fond de nous l’amour de la sagesse.
Gandhi déjà invitait les hommes à « Vivre simplement… pour que d’autres puissent
simplement vivre ! ». Chacun, là où il est, peut décider de vivre
plus sobrement, de résister à la surconsommation et aux produits de plus en
plus exotiques, de moins en mois équitables, de réduire sa consommation en se
limitant à satisfaire ses besoins et pas nécessairement tous ses désirs. C’est
un choix personnel d’abord, mais qui ne rend pas nécessairement moins
heureux : que du contraire !
Il y a en moi, comme en chacun de vous,
une sagesse sans doute un peu étouffée qui me dit que les trésors les plus
importants pour moi ne sont ni les richesses ni les biens que j’accumule, mais
l’amour que je donne et que je reçois, le temps que je consacre aux autres et
les relations humaines et solidaires que je développe, les Amitiés que je noue.
Et cela je peux en mettre plein mon grenier, car c’est là que se trouve mon
vrai bonheur. Oui, plus de simplicité
volontaire n’est pas synonyme de retour en arrière et de moins de bonheur,
mais de plus de solidarité, de convivialité et in fine de joie profonde ?
Savez-vous qu’à Gembloux on peut faire ses
courses en se faisant des amis, en échangeant des recettes, en goûtant ensemble
des vins ou des fromages de proximité ? Savez-vous qu’il existe à Gembloux
un groupe où l’on s’échange des compétences et des services : je viens
carreler ta salle de bains et tu m’apprends à utiliser un logiciel ?
Connaissez-vous la formule d’habitats groupés qui combine le chacun chez soi et
des facilités tous ensemble ?
Au niveau du CPAS nous préférerons le café équitable
et des produits qui n’auront pas trop voyagé. Nous chercherons aussi à développer
plus d’économie sociale et créer des emplois locaux et plus humains dans une
entreprise qui rend des services à la collectivité mais donne aussi plus de
place à ses travailleurs. Chacun peut
aussi chercher à tirer profit des mesures existantes pour s’orienter vers un emploi
peut-être un peu moins rémunérateur, mais plus gratifiant, moins stressant et
moins voleur de temps, permettant un meilleur équilibre entre toutes ses
valeurs.
Chers amis, l’avenir appartient à chacun de nous. Alors
,…
N’attendons ni Kyoto, ni Copenhague, ni … la Lune !
Agissons là où nous sommes,
Vivons, solidairement …et
volontairement simplement,
Osons la cohérence de nos
choix,
Donnons une chance à la Terre …et à nos enfants !
Préférons les valeurs
humaines aux valeurs en Bourse,
Remercions pour chaque jour
qui nous est donné,
Semons l’Amour sans compter,
Et nous récolterons Paix, Justice et Joie.
Au nom du Conseil et à titre personnel, je souhaite de tout cœur à chacune et chacun une très bonne année 2010, faite de bonheurs, de tendresse et de plaisirs simples.
Philippe GREVISSE
Président
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